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jeudi 3 octobre 2013

Histoire de la Durance, cette "Eau Vive"...


"Ce n'est pas qu'elle soit méchante, mais pour elle le bien et le mal, c'est pareil" Jean Giono


La Durance prend sa source dans les flancs de la montagne à l'ubac de Montgenèvre et se jette dans le Rhône au sud d'Avignon. Elle est considérée comme une rivière capricieuse et dévastatrice.


La Durance à Embrun

"La Durance a mordu de ses eaux amères la grande montagne des Alpes : Elle a scié les granits, elle a désagrégé les grès, elle a fondu les terres, emporté des arbres, les prés, les débris de ponts, une ferme ou deux avec les petits au berceau.
De tout cela, elle a fait son lit : La plaine. Elle l'a tassée durement en la battant de sa queue grise ; la terre a eu peur.
Jean Giono - Manosque-des-plateaux



La plaine de la Durance vue du plateau de Ganagobie
au fond, le plateau de Valensole

"Un petit ruban de terre, entre les collines et les bois fous de la Durance, ça peut avoir dans les 100m  de large aux bons endroits.
D'un bord, l'eau, et quelle eau !! La rage des montagne, de l'autre les collines et quelles collines !! le plateau de Valensole , des rochers, des épines, comme pour monter au ciel."
Jean Giono


La Durance à hauteur de Lurs
"Les bois fous de la Durance"
Jean Giono au bord de la Durance -photo Album Giono - L a Pléiade

Cette rivière est aussi une voie de transport pour le commerce du bois du Moyen âge au dernier quart du 19e siècle. Les troncs d'arbres sont abattus dans les forêts de sapins, mélèzes et épicéas, sont ensuite assemblés entre eux par des liens végétaux pour constituer des radeaux.
Des hommes de métier, nommés radeliers, fabriquaient puis conduisaient ces embarcations de Saint Clément sur Durance jusqu'au Rhône.
C'est l'arrivée du chemin de fer qui mit fin à cette activité.
Muséoscope du lac - La formidable histoire de la construction du barrage de Serre Ponçon



La fête des radeliers à Embrun (1)

-"Ecoute, dit Matelot, c'est pressé. Tu as regardé l'eau aujourd'hui?
-Oui, et tout hier.
- Du côté du grand courant?
- Oui.
- Tu as vu passer nos arbres?
- Non.
- Sûr?
- Sûr. 
- Tu peux dire avec moi, Antonio. Je suis vieux mais j'attends tout. Ne dis pas non si c'est oui.
- C'est non.
- Des troncs de sapin. La marque c'est la croix. J'ai toujours donné l'ordre qu'on les marque des quatre côtés. Même si ça roule on doit voir. C'est toujours non?
- C'est toujours non, dit Antonio."
Jean Giono - Le chant du monde


Base de loisirs d'Embrun
Les radeliers ont formé un pont avec les radeaux pour traverser la Durance




- "Il est parti quand?
- A la lune de Juillet.
- Il en avait pour combien?
- Deux mois en comptant large.
- Deux mois pour toi, dit Antonio.
- Deux mois pour lui aussi, dit Matelot. Je le connais. Je fais pas fond sur lui parce que c'est mon fils, je sais comme il travaille. Il devait couper cinquante sapins.
- Où?
- Au pays Rebeillard (2), cinq jours de l'autre côté des gorges. Il devait faire le radeau et descendre avec. C'est pour ça."

(...)

- "Qu'est-ce que tu crois? dit Antonio.
- Je cherche pas à croire, dit Matelot, ce que je sais c'est qu'il a coupé les arbres, fait le radeau et qu'il a du le flotté.
- Alors?
- Peut-être noyé, je pensais."
Jean Giono - Le Chant du monde


(1) La fête des radeliers d'Embrun a lieu en été (Voir OT d'Embrun)
(2) Le pays Rebeillard : Pays né de l'imagination de Jean Giono et qui ne serait rien d'autre que le Trièves (au nord du col de la Croix haute, le pays de Lalley) et toujours dans son imagination, les gorges seraient celles du Verdon  et le 'Fleuve', le Buëch. Tout est dit, tout est inventé...

7 commentaires:

  1. Passant chaque année nos vacances à Nyons,nous avons
    parcouru le pays de Giono pour revivre les grands romans qui nous ont captivés et participé aux journées Giono.Félicitations
    pour votre très beau site. A l'âge de la retraite,on a besoin plus que jamais d'enchanter son quotidien. Giono est un magicien. Nous sommes souvent des rois sans divertissement. il suffit d'une phrase et nous voilà transportés dans les neiges du Trièves ou dans la canicule des Omergues,Le roman "Ennemonde " dit par un conteur,c'est un régal!
    Les enfants sont fascinés.
    Jacques de Beaune (21)

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  2. Le triptyque de Lalley

    Nous avons assisté il y a une dizaine d'années à Lalley à une séance non-stop de films consacrés à Giono dont un Roi sans divertissement.La salle ne disposait pas d'écran panoramique.Il a fallu improviser un triptyque en fixant à droite et à gauche des draps à des escabeaux.Les vacanciers,bon public,attendaient patiemment.Quand le film arriva à la séquence où Frédéric II est à la poursuite de M.V,on vit alors l'assassin présumé partir de l'escabeau à gauche,traverser lentement l'écran,suivi à distance par Frédéric II,atteindre l'escabeau à droite qui s'écroula subitement sous les rires de la salle,faisant disparaître l'assassin qui échappe ainsi grâce à un escabeau à l'échafaud. Cette fin de spectacle n'aurait pas déplu à Giono:

    "Monsieur V.,venant de Chichiliane, traversait les rayons de ma bibiothèque [...]
    je l'ai vu qui traversait ma table et il est allé où il fallait qu'il aille.[...]
    et Monsieur V. a tué Dorothée sur le fauteuil où je fais asseoir mes amis et mes visiteurs."
    (Noé de Jean Giono)

    Jacques de Beaune

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  3. Bonsoir Jacques,
    Merci de votre message, je suis toujours très contente d'échanger à propos de Jean Giono et merci de vos compliments, comme vous le dites très justement à l'âge de la retraite c'est une belle occupation, un enchantement et un ... divertissement, je découvre toujours de nouvelles choses et nos voyages en Provence sont tous plus riches de photos et de souvenirs se rapportant à notre auteur préféré!! Vous devez vous régaler de ces vacances à Nyons, nous connaissons bien et nous y arrêtons régulièrement sur notre chemin de retour vers Paris pour y faire provision d'huile au moulin...J'aurai aimé partager avec vous la belle séance de cinéma de Lalley, nous y avons fait une halte cette année pour quelques photos supplémentaires.
    Que dire de toutes ces belles randonnées, ces étendues traversées sur les pas de Jean Giono ou j'ai presque l'impression de l'avoir rencontré ou de l'accompagner ? Surtout sur ce grand pays sauvage qu'est le plateau du Contadour ou sur la magnifique crête de Lure.
    Connaissez vous la troupe de Philippe Lardaud qui a fait un feuilleton théâtral du "Roi sans divertissement" et qui se produit souvent dans des lieux improbables? C'est assez réussi.
    Merci encore de votre lecture et bien cordialement , au plaisir de vous lire
    Michèle

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  4. Les étables du Trièves
    "Ce qui est bon,c'est la voûte.."

    "Il faudrait habiter ces étables voûtées,ces cavernes où l'on se sent parfaitement à l'abri;non pas ces murs droits, ces angles comme là-haut qui font carton,qui font pas solide,qui font pas sérieux,qui font 1843,moderne.."

    Un roi sans divertissement"

    Beaune,capitale du vin,a tout un réseau de caves qui se touchent toutes "sans se soucier de propriétaires". Les caves occupent aussi les hautes tours épaisses de 6 mètres qui servaient d'abri anti-aérien pendant la guerre.En lisant "Un roi sans divertissement" ,,j'ai retrouvé
    les émotions enfantines,peur des bombardements et ce sentiment de protection procuré par cet "englobement des voûtes de cavernes" qu'on retrouve dans le ventre maternel et dans le tonneau bombé où repose le vin.

    Ces étables sont-elles à Lalley?
    Merci de votre réponse.
    Bon dimanche malgré la pluie!

    Jacques de Beaune

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  5. Le clocher de Lalley sous une chape de nuages.

    " on ne voit plus la flèche du clocher, elle est coupée ras par le nuage,juste au-dessus
    des Sud,Nord,Est,Ouest."
    "Un roi sans divertissement"

    Les photos de votre site ravivent mes souvenirs de jeunesse
    (pique-nique et sieste à Clelles,étape à Castellane).
    Le clocher de Lalley m'incite à relire des passages d'un "roi sans divertissement".
    C'est ainsi qu'on enrichit son ordinaire quotidien et ses neurones grâce à vos photos et à votre travail documentaire de bénédictin.
    J'espère ne pas abuser des commentaires?
    Merci et bon dimanche.
    Jacques

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    1. Non, vous n'abusez pas de commentaires, rassurez-vous ! comme je vous l'ai dit je suis toujours contente de cotoyer des amis et admirateurs de Jean Giono. Je suis pour le moment immergée (c'est le mot juste) dans l'histoire de Serre-Ponçon et des villages engloutis, c'est passionnant et un peu angoissant tout de même... merci pour la jolie citation sur le clocher de Lalley , sortie tout droit du "Roi" vous avez trouvé juste. A bientôt donc pour d'autres divertissements et souvenirs, bonne semaine à vous
      Michèle

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  6. Bonjour Michèle

    vous parlez de l'engloutissement de certains villages en amont dû à la construction d'un barrage.
    Un autre drame s'est passé en aval:l'assèchement complet de certains cours d'eau.
    Les anciens de Nyons nous ont raconté quelle a été leur douleur de voir disparaître à jamais des lieux de vie et de bonheur.Il ne s'agit pas seulement d'une fontaine qui se tarit comme dans "Colline" mais d'une spoliation cruelle et définitive d'un mode de vie au bord d'une rivière.
    En Bourgogne,la côte viticole est sacrée.On ne touche pas aux "climats" (les vignes) qui garderont leur nom et leur terre.
    Ce sentiment de pérennité vaut bien l'éternité promise.
    L'essentiel est que notre joie demeure.

    Votre site dispose t-il d'une adresse email pour échanger éventuellement photos ou autres documents sur Giono.
    J'ai fait une photo de Sylvie Durbet.

    Bonne soirée

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Bonjour,
Merci de votre intérêt pour mon blog et Jean Giono.