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dimanche 19 mai 2013

Lalley, ou le Trièves de Jean Giono


"J'arrive mes montagnes ! fermez la porte derrière moi"...



Plaque apposée sur le mur de la mairie de Lalley

"Une provence montagnarde et Dauphinoise" 
André Giraud, présence de Jean Giono et Edith Berger à Lalley en Trièves


Le village de Lalley


Lalley, son clocher et ses montagnes

Jean Giono a situé plus de la moitié de ses livres ailleurs qu'en Provence. Le Trièves, cette superbe région de moyenne montagne du Dauphiné, forme le cadre géographique d'une part non négligeable de son oeuvre.
Dès Septembre 1931, l'écrivain séjourne quelques semaines à l'Est du cirque du Trièves, dans le hameau de Tréminis.
Au début de 1935, il fait part à son amie Edith Berger, peintre à Lalley de son désir de revenir dans le Trièves en famille pour les vacances. Le maire de Lalley loue aux estivants une partie de sa maison, celle-ci est disponible pour la saison d'été. Le 6 Juin 1935, Giono vient une journée se familiariser avec le lieu de ses prochaines vacances et dès le lendemain, il écrit dans son journal : 

" J'arrive à Lalley, le contact des montagnes me réjouit le coeur, je suis comme éclairci de l'air respiré, c'est de ce pays au fond que je suis fait, tout est si bien, fleurs, herbes et chants d'insectes".
D'après René Bourgeois et Jean Serroy, Le Trièves de Jean Giono (1) et extrait du journal de Jean Giono - 7 Juin 1935


L'espace Giono à Lalley



"je vois une belle arche de pierre dorée, des toits couverts de petites diatomées des montagnes et au fond de l'horizon la montagne de Clelles qu'on nomme le bonnet de Calvin. Les toits des villages sont admirables de pente et de couleur. Sous ma petite fenêtre, une fontaine. Au moment de m'installer j'ai eu un peu peur de la fontaine. Maintenant, je sais qu'elle va m'aider, en tout cas, faire avec moi une amitié hautaine et distante, pas désagréable".
Jean Giono, Journal du 15/07/1935



La fontaine sur la place de Lalley


Quel hasard vous a amené à Lalley ?

" Ce n'est pas un hasard. J'aime particulièrement le Trièves. Cette plaine tourmentée qui s'étend en triangle sous l'Obiou et le Grand Ferrand. Je suis à pied d'oeuvre pour marcher dans la montagne. Et puis j'aime la vie avec ces paysans âpres et doux".
Extrait de l'interview réalisée à Lalley en Juillet 1935



La maison "Bernard" que Jean Giono louait au maire de Lalley



"Et bien vous voyez, Lalley est un village de montagne. C'est près de Saint-Maurice-en-Trièves. Il  est assez près du col et assez haut. La vigne ne pousse pas là. Seulement au flanc d'un ruisseau qui s'appelle l'Ebron, et dont j'ai parlé dans "Batailles dans la montagne". Il y a les vignes des paysans de Lalley. Tous les paysans de Lalley ont une vigne là, une toute petite vigne qui leur permet de faire un petit vin aigre, au goût de pierre à fusil, très bon mais rare. Ce vin paraissait si important dans la vie de Lalley que je m'en suis servi dans "Batailles dans la montagne".
Entretiens radiophoniques avec Jean Amrouche - été 1952


"Une toute petite vigne qui leur permet de faire un petit vin aigre
au goût de pierre à fusil..."
(Photo M. Ducheny)




A Lalley, au bar "Chez Francisque" (collection C. Pelous)



"Bistrot épatant, voûté, monacal, grand cheval de fille serveuse épaisse, lourde, un animal juteux."
Jean Giono, journal

"Dès son arrivée à Lalley, Giono fréquenta le café tenu par Francisque Forest - qui fut hélas tué durant la guerre par la Guestapo.
Il jouait aux boules ; parfois aux echecs avec le garagiste Effantin. Très spontanément, il engageait la discussion avec les villageois, notamment avec un réfugié italien , un peu marginal, qu'on appelait Bergues."
Entretiens, Madame Edith Berger avec André Giraud


Jean Gion, Elise, Aline et Sylvie à Lalley (collection C.Pelous)

Vacances à Lalley

"Un départ à destination du Trièves représentait presque une expédition. A pied, le matin nous quittions notre maison pour nous rendre à la gare de Manosque. Le train Marseille-Briançon nous conduisait jusqu'à Veynes ou nous attendions la correspondance pour Grenoble, notre voyage en train s'achevait à la gare de Saint-Maurice-en-Trièves et c'est à pied que nous arrivions le soir au village de Lalley, lieu de nos vacances.
Ce Trièves était pour mon père un endroit magique, fuyant les chaleurs estivales de Manosque, cette fraîcheur tonique, caractéristique de la montagne augmentait sa vitalité.
C'est durant l'été 1935 que nous nous sommes rendus pour la première fois à Lalley. Ce premier séjour fut riche en rencontres, le peintre Édith Berger, des personnages comme il aimait les décrire dans ses romans, le garagiste, le cafetier, André Gide et sa fille Catherine et Jean Denoël vinrent nous rejoindre et passèrent quelques jours dans ce coin de montagne, nous sommes retournés pendant de nombreuses années à Lalley".
Sylvie Giono, Propos recueillis à Manosque par J. et R. Mannent


(1) Lecture recommandée : Le trièves de Jean Giono - René Bourgeois et Jean Serroy - Patrimoine en Isère, musée Dauphinois


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