J'aurais aimé...

J’aurais aimé Manosque et la Provence comme berceau de mon enfance !
J’aurais aimé séjourner au Paraïs !
J’aurais aimé avoir 20 ans au Contadour pour vivre la grande aventure ! Lire la suite...

mardi 11 février 2020

Promenade à Manosque, "L' École normale supérieure du bonheur" ...


" Au travers de tout ce que vous allez voir dans Manosque, cherchez son âme, c'est un travail qui vous paiera."

Source Manosque 
"Je suis né à Manosque et je n'en suis jamais parti. Le charme de ce pays ne s'épuise pas..."
Jean Giono - Provence


"Manosque est à la pente des collines, au fond d'un golfe de plaine".
Jean Giono - Manosque des plateaux


Manosque

Aujourd'hui je vous propose une petite promenade dans Manosque. Nous découvrirons tour à tour la ville close et ses portes moyenâgeuses, ses ruelles, ses fontaines, ses églises, ses boulevards : "Une ville de couvents, de jardins intérieurs, de puits et de magnifiques fontaines. "
Pour cette balade "gionienne" je me suis laissée guider par ma connaissance des lieux et les écrits de l'auteur, mais aussi par le petit livret de Monsieur Louis Michel, intitulé "Une balade dans Manosque avec Jean Giono" dont j'avais fait l'acquisition il y a déjà quelques années à l'office de tourisme.

L'avenue Jean Giono au début du XXème siècle ( source Manosque d'autrefois)



Nous entrons dans la ville par l'avenue Jean Giono, normal me direz-vous... et tout de suite s'offre à nous la ville close qui se découvre par la porte Saunerie :

La porte Saunerie


"Il y avait à l'entrée de la ville, une belle porte moyenâgeuse, vous me direz, elle y est encore ! Non, il y a bien quelque chose qui lui ressemble, mais ce n'est plus elle, la mienne avait comme coiffure, une genoise de tuiles grises, celle-là arbore des créneaux de pierre neuve, insolites, insolents et faux."
Jean Giono - Manosque-des-plateaux



L'ancien Comptoir d'escompte sur la promenade Aubert Millot



Si nous partons vers l'est par la promenade Aubert Millot nous passerons émus devant le Comptoir national d'escompte (maintenant Crédit agricole) où l'auteur a travaillé dans sa jeunesse et descendrons ensuite les escaliers de la Plaine pour accéder au boulevard du même nom.


 " La ville a un visage : "La Plaine". Un visage là, juste au bord de la route."
Jean Giono - Manosque-des-Plateaux

"La Plaine"

"Chaque dimanche, à deux heures de l'après-midi, tout ce qui comptait ici allait en grand équipage faire promenade sur une sorte de terrasse plantée d'ormes qui domine la Plaine d'une cinquantaine de mètres... Esplanade qui s'étale sur les débris de nos anciens remparts. (...) On l'appelle Bellevue ? Ce qui s'accorde avec l'élégance qui s'y déploie."
Jean Giono - Le moulin de Pologne



A l'extrémité de la Plaine, les deux escaliers séparés par une haie...

"Les puristes se sont moqués de nous parce que nous avons toujours parlé des "escaliers de la Plaine" ; c'est pourtant légitime. Il y en a deux, séparés par une haie de fusains, deux ouvrages bien distincts et qui autorisent le pluriel. 
Giono toute sa vie, sans aucune dérogation, empruntera toujours le même : celui de gauche en montant, tant à la montée qu'à la descente. Il a besoin pour travailler d'une certaine harmonie. Il me le dira bien souvent."
Pierre Magnan - Pour saluer Giono



Les escaliers de la Plaine

En remontant le boulevard circulaire nous arrivons dans le quartier "d'Aubette". Juste avant sur la gauche, se glisse à l'arrière de l'église Saint Sauveur la rue Chacundier, je souligne cette rue car elle a vu naître l'écrivain Pierre Magnan cher à mon coeur.


Rue Chacundier

Donc, nous disions, en remontant vers le boulevard des Tilleuls ... Le quartier d'Aubette :





Rue d'Aubette

" Le quartier d'Aubette, cette porte par laquelle l'aube entre dans la ville."
Jean Giono - Manosque-des-Plateaux

En face de la rue d'Aubette sur le trottoir de gauche se trouve la fontaine d'Aubette :


La fontaine d'Aubette

"À cette fontaine viennent boire les troupeaux transhumants... Cette fontaine de transhumance est sur le bord de la ville, hors les murs."
Jean Giono - Manosque-des-Plateaux


A cet endroit , tout de suite après la fontaine, commence la Montée des Vraies Richesses, celle qui mène tout droit à la maison de Jean Giono, "Le Paraïs" juste au bout d'un petit sentier du même nom. Plus haut encore, on entame l'ascension vers le Mont d'Or. (1 et 3) 





" J'arrive chez moi par un petit sentier qui n'est pas, comme on dit, carrossable. (...) Après les Champs Elysées, ce petit sentier me plaisait bien."
Jean Giono - Les terrasses de l'Ile d'Elbe


Le sentier du Paraïs et la maison de Jean Giono

"Je la regarde quelquefois de la fenêtre de mon bureau, et je vois que c'est une ville toute dorée. C'est une ville à peu près semblable aux villes italiennes dans lesquelles je me suis baladé."
Jean Giono - entretiens


Après ce petit détour "Hors les murs" Nous reprenons le boulevard des Tilleuls pour arriver enfin à la porte Soubeyran. Ici et là nous pouvons remarquer des façades munies de poulies à hauteur de toit mais aussi de galeries couvertes.



Les galeries couvertes, sortes de balcons sur les toits


"C'était ce qu'on appelle ici une galerie, c'est-à-dire une sorte de terrasse couverte sur le toit."
Jean Giono - Le Hussard sur le toit

Ou encore ...






" De petites villes comme Manosque sont, à la vérité, des agglomérations de paysans... Chaque maison s'ouvre sur la rue par une porte charretière."
Jean Giono - Provence

Avant de s'enfoncer dans la ville close, un petit détour vers l'ouest jusqu'à l'école Saint-Charles sur le boulevard Camille Pelloutier , rien de plus banal, si ce n'est le souvenir de son illustre élève...

"Il y avait une vallée d'ormes... La vague de feuilles commençait là-haut vers le Soubeyran... Du côté du soleil couchant, la ville est comme un pain trop cuit."
Jean Giono - Manosque des Plateaux

" Voilà dit-elle, vous savez que nous avons à Saint-Charles une école."


La cour du collège Saint-Charles en 2018


Photo ancienne ( source Delcampe) on reconnait aisément les bâtiments 



Ce bulletin scolaire m'a été offert par
Monsieur Maurice Chevaly (4) (j'espère qu'il vient bien de Saint-Charles !) 


"J'allais à l'école chez les soeurs de la présentation." (...)
" Le lundi de Pâques on avait des vêpres particulières dans l'églisette de Saint-Charles."
Jean Giono - Jean le Bleu


L'entrée du collège Saint-Charles sur le boulevard et son "églisette" 

Revenons légèrement sur nos pas pour passer sous la porte Soubeyran et pénétrer dans la ville close :


"Il faut que j'aille tout de suite chez Giuseppe se dit Angelo. Il me semble que je dois monter par là jusqu'à une sorte de clocher surmonté d'un bulbe de ferronnerie et sous lequel passe une porte.(...)
"Il arriva enfin au portail surmonté d'un bulbe en ferronnerie dont il s'était souvenu, il ouvrait sur une ruelle obscure..."
Jean Giono - Le Hussard sur le toit



Porte Soubeyran


Dès que l'on a passé la porte Soubeyran, en empruntant la rue du même nom, tout de suite sur la gauche se trouve la rue du Poète. A dire vrai ce n'est pas une rue mais une impasse.




" Il habite rue du poète ...J'ai des amis qui vont rire parce qu'ils la connaissent bien la rue du Poète, c'est une impasse (...) au fond de la rue, le mur est troué d'une porte."
Jean Giono - Rondeurs des jours


Rue du Poète




Nous sommes maintenant rue du Soubeyran avant de gagner la Place Marcel Pagnol et la rue des marchands. Un endroit très agréable, cette place Marcel Pagnol, encadrée par deux bouquinistes,  ombragée à souhait et parsemée de terrasses accueillantes et de restaurants, tout cela s'articule autour d'une jolie fontaine.








"Je me dirigeai vers la rue des Marchands éclairée par des boutiques. Il me semble que cette rue était chaude comme un four, qu'il m'était possible ce soir de faire comme les chiens et de retrouver dans cette chaleur les odeurs diverses de tous ceux qui habitaient là. (...) La fontaine des "quatre coins" faisait l'insolente à côté du bureau de tabac. J'avais soif et je me mis à boire au canon. L'eau me coulait dans le cou."
Jean Giono - Jean le Bleu


La fontaine des 4 coins et le bar du même nom
(source Manosque mon amour - Gérard Mévouillon)

Le bar des 4 coins de nos jours (on note que la fontaine a disparu)


La place Marcel Pagnol et les bouquinistes

Nous atteignons la place de l'Hôtel de ville et son édifice majestueux, sa belle terrasse de café et le portail de Notre Dame de Romigier, (cette église reçoit de belles expositions tout au long de l'année). nous entrons dans la rue Grande... Ah! la rue Grande... ruelle commerçante où se trouve aussi la maison qui a abrité l'enfance de Jean Giono.


La place de l'hôtel de ville


Notre-Dame de Romigier

Nous voici dans la rue Grande, c'est au 14 donc, dans cette maison haute avec un escalier étroit que Jean Giono a passé son enfance, l'atelier de repassage où s'activait sa mère Pauline se trouvait au rez-de-chaussée  et au troisième  étage était l'atelier de cordonnier de son père ,  mais c'est juste en face au 1 rue Torte qu'il est né. (2)





La maison du no 1 rue Torte 

"Cette invraisemblable rue Torte, qui se tord et se détord, coupée du boulevard des Lices, pour aller finir rue Sans Nom..."
Jean Giono - Manosque-des-Plateaux




"Je montais l'escalier et, chaque fois que mon pied rencontrait dans l'ombre la marche de grès, je tremblais de toucher un de ces crapauds blancs évadés ou bien de glisser, comme un abricot pourri, sur le coeur tout chaud d'un serpent."
Jean Giono - Jean le Bleu




" Les ruelles étroites gardent leur fraîcheur dans les étés les plus torrides..."
Jean Giono - Provence

La rue Grande


"Notre maison était toute double ; elle avait deux voix et deux visages. Au rez-de-chaussée était l'atelier de repassage de ma mère. (...) 
Jean Giono - Jean le Bleu




La maison au no 14 rue Grande

"Je me souviens de l'atelier de mon père. Je ne peux pas passer devant une échoppe de cordonnier sans croire que mon père est encore vivant, quelque part dans l'au-delà du monde, assis devant une table de fumée, avec son tablier bleu, son tranchet (...) en train de faire des souliers en cuir d'ange, pour quelques dieux à mille pieds."
Jean Giono - Jean le Bleu

"Au-dessus de l'atelier de mon père était un vaste grenier sonore comme une cale de navire. Une large fenêtre, dominant toute la cour aux moutons permettait de voir, au-delà des toits, par là-bas au loin, le scintillement de la rivière, le sommeil des collines, et les nuages qui nageaient avec de l'ombre sous le ventre." 
Jean Giono - Jean le Bleu



Nous nous arrêterons aussi sur la place Saint-Sauveur et sa fontaine et où semble posée l'église du même nom. Le clocher de l'église est surmonté d'un superbe campanile en fer forgé, un des plus ouvragés et des plus anciens de Provence.



"L'église Saint-sauveur agenouillée la bouche dans la poussière..."
Jean Giono - Manosque-des-Plateaux

Le campanile de Saint-Sauveur



Nous voici maintenant revenus à notre point de départ, repassons sous la porte Saunerie afin de sortir de la vieille ville, un dernier petit tour sur la droite, au début du boulevard Élémir Bourges où se trouve le centre Jean Giono.(5)


Le centre Jean Giono, boulevard Élémir Bourges


"Il n'est jamais sage de quitter son pays pour courir après l'ombre de joies qui sont facilement atteintes dans leur matérielle vérité."
Jean Giono - Préface à la géographie des Basses-Alpes 1939






(1) voir articles : "Le Paraïs, arche de Noé" - "Un divertissement de Roi"
(2) voir article : "Manosque, terre natale et port d'attache"
(3) voir article : "Au pays des collines, Toutes Aures et le Mont d'Or"
(4) Maurice Chevaly :  Professeur de lettres, poète et écrivain - né à Manosque 
auteur de : "Giono vivant, notre ami Jean le Bleu" et "Giono à Manosque"
(5) Centre Jean Giono : https://centrejeangiono.com/



mardi 21 mai 2019

Au pays des collines ... Toutes-Aures et le Mont d'Or ...



Au pays des collines...


Cet après-midi-là, c'était un bel après-midi... Un verre en terrasse sur la place de l'hôtel de ville de Manosque et le plaisir de retrouvailles pour un moment amical, une courte visite au Paraïs pour saluer les amis et se rassasier d'images à garder bien au chaud dans ma mémoire. Se glisser dans l'impasse et pousser la porte verte est toujours pour moi un grand moment !!
Puis nous partons à l'assaut du Mont d'Or... Le lieu est maintenant bien aménagé et entretenu. Nous laissons la voiture au petit parking et poursuivons le circuit à pied.
La colline est tapissée d'oliviers à perte de vue, le panorama à 360° est magique et nous laisse entrevoir tout le territoire et les reliefs alentours. La tour (ou ce qu'il en reste) couronne l'endroit et la ville à nos pieds dont les toits brillent, dort, écrasée de chaleur.
L'âme de Jean Giono rôde encore dans ce lieu, on peut facilement s'imaginer le saluer au détour d'un sentier.

Nous terminons ensuite ce petit périple manosquin par la colline de Toutes-Aures (Saint-Pancrace), pour cela il est nécessaire de reprendre la voiture.
Encore un lieu enchanteur à découvrir, avec certes une vue moins grandiose compte tenu de la végétation galopante mais sur un bel espace, carrefour de tout un tas de sentiers odorants, se pose au milieu des pins un ermitage de pierres blondes avec sa chapelle attenante,  calme et sérénité assurés !! 






"Les pieds dans le limon de la Durance et la tête dans le ciel bleu, mes collines rondes, couchées parmi les oliviers, gardent la dernière sagesse."
Mes collines, poème en prose 1921 - Jean Giono



" Il y a une sorte de tournée des grands-ducs à faire et que je me paye quand je veux vraiment être heureux. Je connais, dispersés dans le pays, une vingtaine de collines, une dizaine de coteaux, des pentes, de petits vals plantés d'oliviers. (...) Si l'on consent à ne rien voir de gros, voilà une tournée qu'on peut se payer comme moi." 
Jean Giono - Arcadie...Arcadie 


"Des quatre collines qui l'entourent on ne sait quelle est la plus belle. Une d'elles a la forme d'un sein (...) La colline de l'ouest, Saint-Pancrace, a toute la suavité de la vertu chrétienne."
Jean Giono - Provence



Le Mont d'Or, "ce beau sein rond"... 

Colline de Toutes-Aures, Saint-Pancrac

Le Mont d'Or :


"Ce beau sein rond est une colline ; sa vieille terre ne porte que des vergers sombres (...) si on quitte le chemin, il y a des oliveraies envahies par les roses." 
Jean Giono - Manosque-des-Plateaux



Les oliviers du Mont d'Or

"Elle a des grâces de mélange, elle se fond dans la plaine par des pentes douces. Cependant les orages qui la dépassent sont mauvais."
"De l'ouest au sud-ouest, la Durance frotte ses terres à blé, ses champs de patates célèbres."
Jean Giono - Provence

Vue du Mont d'Or, la plaine de la Durance et le
plateau de Valensole



"Au-delà de la Durance, le plateau de Valensole, bleu et toujours pareil, ferme la plaine comme une barre de vieux bronze."
Jean Giono - Manosque-des-Plateaux








"On a chaud là-dessous d'une lourde chaleur de laine (...) De grands talus se chauffent au midi, fleuris de serpents immobiles."
Jean Giono - Manosque-des-Plateaux


Les toits de Manosque depuis le sommet du Mont d'Or

"Ainsi du haut de cette colline ronde et féminine, on voit tout le large pays. Elle, elle est l'aimable et la nourrice ; elle bombe sa ligne pure gonflée par l'artère des eaux ; la plaine vient téter ses sources puis s'en va, lourde d'arbres et de blé. (...) Donc vers l'est : la vallée de l'Asse fend le plateau de Valensole dans la droite ligne du soleil levant."
Jean Giono - Manosque-des-Plateaux


Dans le lointain, la Vallée de l'Asse fend le plateau de Valensole


Les olives du Mont d'Or

"Par la brèche de ce val on voit l'escalier des Alpes... "



La colline de Toutes-Aures , Saint-Pancrace :



Faisant face au Mont d'Or, la colline de Toutes-Aures, légèrement sur la gauche

" La colline de l'ouest, Saint-Pancrace, a toute la suavité de la vertu chrétienne. Est-ce à cause de son patron ? De son petit ermitage ? Pour moi c'est qu'elle est humble sous sa gloire. Couverte d'amandiers qui au printemps l'habillent comme une vierge, mai et juin la couronnent de genêts d'or."
Jean Giono - Provence



L'ermitage de Toutes-Aures (Saint-Pancrace) et sa chapelle 





"Vous voyez là-bas la colline, et au sommet de la colline il y a un ermitage : c'est l'ermitage de Toutes-Aures. Dans cet ermitage il n'y a plus personne maintenant, mais il y avait un ermite. (...) C'était un personnage qu'on avait mis là, d'ailleurs, pour sonner de la cloche dans certains cas. Ces cas se présentaient lorsque l'orage arrivait de ce côté. Les orages qui viennent du côté de Toutes-Aures sont toujours extraordinairement meurtriers et portent la catastrophe avec eux : ils détruisent les vergers et les arbres, et ce sont ceux que Manosque ne peut pas éviter." 
Propos et récits, septembre 1954 - Entretiens Jean Giono et Taos Amrouche (bulletin no 65 des amis de Jean Giono)








L'ermitage et son puits 


" Et un jour, un dimanche plus particulièrement qui devait se placer en décembre si je me souviens bien (...) C'était un après-midi donc d'hiver, le concert avait lieu vers les trois heures de l'après-midi au moment où la lumière du jour commençait à baisser, et brusquement cette lumière s'est encore obscurcie, un orage - malgré l'hiver - éclata vers les quatre heures, mais avec une violence inouïe. (...) Et vers le soir, l'orage continua pendant une grande partie du crépuscule et quand le soir tomba définitivement et qu'on alluma les lumières dans la rue, ma mère nous dit :
- Ecoutez, il se passe quelque chose, j'entends des gens qui parlent, j'entends des gens qui crient dans la rue, qu'est-ce qui se passe ? (...)
- On a assassiné le frère ! 
- L'ermite ? 
- Oui, on avait assassiné l'ermite. On avait assassiné non seulement l'ermite, mais on avait assassiné en même temps que lui un petit garçon, son neveu, qui se trouvait avec lui en vacances."(1)
Propos et récits, septembre 1954 - Entretiens Jean Giono et Taos Amrouche (bulletin no 65 des amis de Jean Giono)





En Haute-Provence chaque colline a sa valeur inestimable et son grand intérêt.
Nous ne sommes jamais déçus de l'effort fourni à gravir ces lieux qui nous font découvrir le "pays" dans son ensemble, jamais déçus des beautés des paysages, jamais déçus de la grandeur des choses, jamais déçus de la magie des couleurs et jamais déçus de l'amour que l'on a dans notre coeur pour cette région si attachante, chaque instant est un étonnement ...


"Le bonheur est une recherche... il faut y employer l'expérience et son imagination."
Jean Giono - Voyage en Italie



(1) Le double assassinat de l'ermite de Saint-Pancrace en 1900 , voir l'article selon le lien ci-dessous :   L'assassinat de l'ermite de Saint-Pancrace