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mardi 21 mai 2019

Au pays des collines ... Toutes-Aures et le Mont d'Or ...



Au pays des collines...


Cet après-midi-là, c'était un bel après-midi... Un verre en terrasse sur la place de l'hôtel de ville de Manosque et le plaisir de retrouvailles pour un moment amical, une courte visite au Paraïs pour saluer les amis et se rassasier d'images à garder bien au chaud dans ma mémoire. Se glisser dans l'impasse et pousser la porte verte est toujours pour moi un grand moment !!
Puis nous partons à l'assaut du Mont d'Or... Le lieu est maintenant bien aménagé et entretenu. Nous laissons la voiture au petit parking et poursuivons le circuit à pied.
La colline est tapissée d'oliviers à perte de vue, le panorama à 360° est magique et nous laisse entrevoir tout le territoire et les reliefs alentours. La tour (ou ce qu'il en reste) couronne l'endroit et la ville à nos pieds dont les toits brillent, dort, écrasée de chaleur.
L'âme de Jean Giono rôde encore dans ce lieu, on peut facilement s'imaginer le saluer au détour d'un sentier.

Nous terminons ensuite ce petit périple manosquin par la colline de Toutes-Aures (Saint-Pancrace), pour cela il est nécessaire de reprendre la voiture.
Encore un lieu enchanteur à découvrir, avec certes une vue moins grandiose compte tenu de la végétation galopante mais sur un bel espace, carrefour de tout un tas de sentiers odorants, se pose au milieu des pin un ermitage de pierres blondes avec sa chapelle attenante,  calme et sérénité assurés !! 






"Les pieds dans le limon de la Durance et la tête dans le ciel bleu, mes collines rondes, couchées parmi les oliviers, gardent la dernière sagesse."
Mes collines, poème en prose 1921 - Jean Giono



" Il y a une sorte de tournée des grands-ducs à faire et que je me paye quand je veux vraiment être heureux. Je connais, dispersés dans le pays, une vingtaine de collines, une dizaine de coteaux, des pentes, de petits vals plantés d'oliviers. (...) Si l'on consent à ne rien voir de gros, voilà une tournée qu'on peut se payer comme moi." 
Jean Giono - Arcadie...Arcadie 


"Des quatre collines qui l'entourent on ne sait quelle est la plus belle. Une d'elles a la forme d'un sein (...) La colline de l'ouest, Saint-Pancrace, a toute la suavité de la vertu chrétienne."
Jean Giono - Provence



Le Mont d'Or, "ce beau sein rond"... 

Colline de Toutes-Aures, Saint-Pancrac

Le Mont d'Or :


"Ce beau sein rond est une colline ; sa vieille terre ne porte que des vergers sombres (...) si on quitte le chemin, il y a des oliveraies envahies par les roses." 
Jean Giono - Manosque-des-Plateaux



Les oliviers du Mont d'Or

"Elle a des grâces de mélange, elle se fond dans la plaine par des pentes douces. Cependant les orages qui la dépassent sont mauvais."
"De l'ouest au sud-ouest, la Durance frotte ses terres à blé, ses champs de patates célèbres."
Jean Giono - Provence

Vue du Mont d'Or, la plaine de la Durance et le
plateau de Valensole



"Au-delà de la Durance, le plateau de Valensole, bleu et toujours pareil, ferme la plaine comme une barre de vieux bronze."
Jean Giono - Manosque-des-Plateaux








"On a chaud là-dessous d'une lourde chaleur de laine (...) De grands talus se chauffent au midi, fleuris de serpents immobiles."
Jean Giono - Manosque-des-Plateaux


Les toits de Manosque depuis le sommet du Mont d'Or

"Ainsi du haut de cette colline ronde et féminine, on voit tout le large pays. Elle, elle est l'aimable et la nourrice ; elle bombe sa ligne pure gonflée par l'artère des eaux ; la plaine vient téter ses sources puis s'en va, lourde d'arbres et de blé. (...) Donc vers l'est : la vallée de l'Asse fend le plateau de Valensole dans la droite ligne du soleil levant."
Jean Giono - Manosque-des-Plateaux


Dans le lointain, la Vallée de l'Asse fend le plateau de Valensole


Les olives du Mont d'Or

"Par la brèche de ce val on voit l'escalier des Alpes... "



La colline de Toutes-Aures , Saint-Pancrace :



Faisant face au Mont d'Or, la colline de Toutes-Aures, légèrement sur la gauche

" La colline de l'ouest, Saint-Pancrace, a toute la suavité de la vertu chrétienne. Est-ce à cause de son patron ? De son petit ermitage ? Pour moi c'est qu'elle est humble sous sa gloire. Couverte d'amandiers qui au printemps l'habillent comme une vierge, mai et juin la couronnent de genêts d'or."
Jean Giono - Provence



L'ermitage de Toutes-Aures (Saint-Pancrace) et sa chapelle 





"Vous voyez là-bas la colline, et au sommet de la colline il y a un ermitage : c'est l'ermitage de Toutes-Aures. Dans cet ermitage il n'y a plus personne maintenant, mais il y avait un ermite. (...) C'était un personnage qu'on avait mis là, d'ailleurs, pour sonner de la cloche dans certains cas. Ces cas se présentaient lorsque l'orage arrivait de ce côté. Les orages qui viennent du côté de Toutes-Aures sont toujours extraordinairement meurtriers et portent la catastrophe avec eux : ils détruisent les vergers et les arbres, et ce sont ceux que Manosque ne peut pas éviter." 
Propos et récits, septembre 1954 - Entretiens Jean Giono et Taos Amrouche (bulletin no 65 des amis de Jean Giono)








L'ermitage et son puits 


" Et un jour, un dimanche plus particulièrement qui devait se placer en décembre si je me souviens bien (...) C'était un après-midi donc d'hiver, le concert avait lieu vers les trois heures de l'après-midi au moment où la lumière du jour commençait à baisser, et brusquement cette lumière s'est encore obscurcie, un orage - malgré l'hiver - éclata vers les quatre heures, mais avec une violence inouïe. (...) Et vers le soir, l'orage continua pendant une grande partie du crépuscule et quand le soir tomba définitivement et qu'on alluma les lumières dans la rue, ma mère nous dit :
- Ecoutez, il se passe quelque chose, j'entends des gens qui parlent, j'entends des gens qui crient dans la rue, qu'est-ce qui se passe ? (...)
- On a assassiné le frère ! 
- L'ermite ? 
- Oui, on avait assassiné l'ermite. On avait assassiné non seulement l'ermite, mais on avait assassiné en même temps que lui un petit garçon, son neveu, qui se trouvait avec lui en vacances."(1)
Propos et récits, septembre 1954 - Entretiens Jean Giono et Taos Amrouche (bulletin no 65 des amis de Jean Giono)





En Haute-Provence chaque colline a sa valeur inestimable et son grand intérêt.
Nous ne sommes jamais déçus de l'effort fourni à gravir ces lieux qui nous font découvrir le "pays" dans son ensemble, jamais déçus des beautés des paysages, jamais déçus de la grandeur des choses, jamais déçus de la magie des couleurs et jamais déçus de l'amour que l'on a dans notre coeur pour cette région si attachante, chaque instant est un étonnement ...


"Le bonheur est une recherche... il faut y employer l'expérience et son imagination."
Jean Giono - Voyage en Italie



(1) Le double assassinat de l'ermite de Saint-Pancrace en 1900 , voir l'article selon le lien ci-dessous :   L'assassinat de l'ermite de Saint-Pancrace





3 commentaires:

  1. Du rêve, toujours du rêve ...quand on n'a pas la chance d'y être. Mais les sensations sont là.. Chaleur, silence des étés manosquins,ciels bleu azur où l'on voudrait se perdre.Tes photos sont magnifiques !

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    1. Merci ma fidèle amie !! c'est vrai que ces photos reflètent la chaleur du sud et crois moi, en effet il ne faisait pas froid !!

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  2. Merci, chère Michèle, pour cette nouvelle balade autour de Manosque.J'ai pris plaisir à voyager ainsi grâce à toi sans bouger cette fois de ma chaise !
    A ces hauts lieux, il est vrai qu'il fallait bien un tel grand écrivain !
    Bonne continuation !
    Mon amitié,
    André.

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